La bonne alternative à Airtable dépend du plafond que vous avez atteint. Si le problème est la facture, une base open source comme Baserow ou NocoDB offre la même grille pour moins cher, et les lecteurs restent gratuits. Si le problème est la limite d'enregistrements, il vous faut une vraie base PostgreSQL derrière l'interface. Si le problème est qu'une base ne sait pas faire respecter vos règles, qui valide quoi, jusqu'à quel montant, dans quel ordre, alors vous avez dépassé la catégorie : ce qu'il vous faut est une application, pas une autre base. Depuis 2025, il existe une quatrième voie pour en obtenir une : décrire l'outil et le générer sur une base de données qui vous appartient.
Ce guide compare six options sur les trois points qui décident du choix : ce que vous payez quand toute l'équipe utilise l'outil, combien d'enregistrements il peut contenir, et ce que vous gardez si vous partez. Nous commençons par Cadrant, notre propre builder, parce que c'est celui qui transforme une base en application plutôt que de remplacer une grille par une autre. Les cinq autres sont de vraies alternatives, avec leurs propres forces, et pour deux des trois plafonds elles peuvent être la meilleure réponse. Si vous n'avez pas encore décidé de construire quoi que ce soit, notre guide pour créer un outil interne traite d'abord la question acheter, développer ou générer.
Pourquoi les équipes quittent Airtable : trois plafonds, pas un
Airtable mérite sa position. Il a rendu les données relationnelles accessibles : tables liées, vues, formulaires, automatisations et interfaces qu'un non-développeur assemble en un après-midi. La plupart des équipes qui partent ne partent pas parce que le produit s'est dégradé. Elles partent parce qu'un outil né comme un suivi pour cinq personnes est devenu le système de référence de cinquante, et que la tarification comme les limites d'Airtable sont pensées pour la première situation. Les chiffres ci-dessous viennent de la documentation des offres Airtable en septembre 2026.
| Offre | Prix par éditeur | Enregistrements par base | Pièces jointes par base | Appels API par mois |
|---|---|---|---|---|
| Free | 0 $, jusqu'à 5 éditeurs | 1 000 | 1 Go | 1 000 par espace de travail |
| Team | 20 $ par mois en facturation annuelle | 50 000 | 20 Go | 100 000 par espace de travail |
| Business | 45 $ par mois en facturation annuelle | 125 000 | 100 Go | Illimités |
| Enterprise Scale | Sur devis | Sur devis | Sur devis | Sur devis |
Plafond 1 : chaque éditeur est un siège payant
La règle de facturation d'Airtable tient en une phrase : vous payez pour chaque utilisateur qui a le droit de modifier au moins une base de l'espace de travail. Les collaborateurs en lecture seule, les réponses aux formulaires et les liens de partage sont gratuits en Team et en Business. Cette règle est généreuse pour une équipe éditoriale où deux personnes écrivent et quarante lisent. Elle est punitive pour un outil d'exploitation, où toute personne qui touche une fiche doit pouvoir la modifier : le technicien qui met à jour une intervention, le commercial qui fait avancer une affaire, l'assistante qui clôture un ticket.
| Coût mensuel | 5 éditeurs | 20 éditeurs | 50 éditeurs |
|---|---|---|---|
| Airtable Team (20 $ par éditeur) | 100 $ | 400 $ | 1 000 $ |
| Airtable Business (45 $ par éditeur) | 225 $ | 900 $ | 2 250 $ |
| Un outil généré sur un forfait fixe | 20 € | 20 € | 20 € |
Le coût grandit avec l'adoption, soit l'inverse de ce qu'on attend d'un outil censé toucher toute l'entreprise. Le rapport Build vs Buy 2026 de Retool, une enquête auprès de 817 personnes qui construisent des logiciels en entreprise, montre que 35 % avaient déjà remplacé au moins un produit SaaS par un outil fait maison, et la tarification par siège fait partie des raisons qui reviennent le plus.
Plafond 2 : les enregistrements par base
Une base en offre Team contient 50 000 enregistrements, 125 000 en Business. Cela paraît beaucoup jusqu'à ce qu'on fasse le calcul sur une table d'exploitation. Une boîte de support qui enregistre 200 tickets par jour remplit une base Team en huit mois environ. Une table de commandes e-commerce à 100 commandes par jour y arrive en moins d'un an et demi. Le contournement habituel, une base par année ou par région, casse les liens entre tables, qui étaient la raison de choisir Airtable au départ. Une base PostgreSQL n'a pas de plafond comparable : une table de quelques millions de lignes y est ordinaire.
Plafond 3 : une base n'est pas une application
C'est le plafond qu'aucun changement de tarif ne règle. Airtable stocke des données et les affiche dans des vues. Ce qu'il fait mal, c'est faire respecter un processus : une demande d'achat qu'un manager peut valider jusqu'à 2 000 €, et la finance au-delà, une intervention qu'on ne peut pas clôturer sans photo ni signature, une remise qui exige une seconde validation. On peut s'en approcher avec des automatisations et des permissions d'interface, mais les règles vivent dans l'interface, pas dans les données, et toute personne ayant le droit de modifier la base peut les contourner. Une application fait respecter ses règles là où vivent les données.
Que chercher dans une alternative à Airtable
Avant de comparer des produits, écrivez quel plafond vous a amené ici. Puis vérifiez chaque candidat sur six points. L'ordre compte : les trois premiers sont difficiles à changer plus tard, les trois derniers sont des commodités.
- L'unité de facturation. Par éditeur, par utilisateur, par concepteur, ou un forfait fixe. Calculez la facture à adoption complète, pas au stade du pilote.
- Le plafond d'enregistrements. Lignes par base ou par espace de travail, et ce qui se passe quand on l'atteint. Préférez un outil posé sur une vraie base de données.
- La propriété. Les données vivent-elles dans une instance PostgreSQL que vous contrôlez, et l'application elle-même peut-elle quitter la plateforme sous forme de code ?
- Les permissions dans les données. Des règles par ligne appliquées par la base de données, pas des filtres dans une vue.
- Qui construit. Un développeur, un profil technique côté opérations, ou la personne qui connaît le processus.
- Le chemin de migration. Import CSV table par table, une API, et un moyen de reconstruire les liens entre enregistrements.
Cadrant : générer l'application plutôt que louer la base
Cadrant répond directement au troisième plafond. Vous décrivez l'outil en langage courant, les tables, les rôles, les écrans, et la plateforme génère une application React reliée à une base PostgreSQL dans votre propre projet Supabase. Tables, relations et index sont dérivés de votre description, l'authentification repose sur Supabase Auth avec des rôles personnalisés comme admin, éditeur et lecteur, et les règles de sécurité par ligne qui décident qui voit quoi sont créées dans la base à partir de votre prompt. La documentation recommande de relire ces règles dans Supabase avant la mise en production, ce qui est exactement le contrôle que vous feriez sur n'importe quel outil contenant des données clients.
L'unité de facturation est la différence qui compte face à Airtable. L'offre Starter coûte 20 € par mois pour l'espace de travail, mesurée en crédits de génération et non en sièges, donc un outil utilisé par cinq personnes coûte le même prix qu'un outil utilisé par cinquante. La base est hébergée sur votre compte Supabase, qui offre deux projets gratuits, et le code se synchronise vers un dépôt GitHub. Les intégrations qui demandent des clés secrètes tournent côté serveur dans des Edge Functions, avec les clés stockées en variables d'environnement. Les détails sont sur la page du créateur d'outils internes.
Cinq autres alternatives à Airtable, comparées
Les prix sont les tarifs publics de septembre 2026, en facturation annuelle quand le choix existe. Les plafonds d'enregistrements sont les limites publiées par l'éditeur pour l'offre citée.
| Outil | Ce que c'est | Tarif | Plafond d'enregistrements | Ce que vous possédez | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|---|
| Cadrant | AI builder qui génère l'application et sa base | Forfait fixe, dès 20 € par mois, sans sièges | PostgreSQL, aucun plafond produit | Base sur votre Supabase, code sur GitHub | Processus avec rôles et règles, usage par toute l'équipe |
| Baserow | Base open source, grille proche d'Airtable | Gratuit, puis 10 $ ou 18 $ par utilisateur | 3 000 / 50 000 / 250 000 lignes par espace ; illimité en auto-hébergement | Tout, si auto-hébergé | La même grille, une facture plus basse, son propre serveur |
| NocoDB | Interface tableur open source sur PostgreSQL ou MySQL | Gratuit, puis 12 $ ou 24 $ par éditeur, plafonné à 9 sièges payants | Celui de votre base | La base est à vous dès le premier jour | Une grille sur des données que les développeurs gèrent déjà |
| SmartSuite | Plateforme de gestion du travail avec base relationnelle | 12 $, 30 $ ou 45 $ par utilisateur, minimum de 3 à 10 sièges | Selon l'offre | Des exports | Projets et processus partagés entre plusieurs équipes |
| Softr | Portails et apps sur Airtable, Sheets ou SQL | 25 $, 119 $ ou 395 $ par mois avec quotas d'utilisateurs | Celui de votre source | La source de données ; l'app reste chez Softr | Portails clients sur des données gardées dans Airtable |
| Retool | Écrans low-code sur n'importe quelle base ou API | 10 $ par concepteur + 5 $ par utilisateur ; Business 50 $ + 15 $ | Celui de votre base | La base ; les apps restent chez Retool | Équipes de développeurs qui construisent des back-offices |
Baserow : la grille open source
Baserow est ce qui ressemble le plus à Airtable en pouvant tourner sur votre propre serveur. La grille, les champs liés, les vues et les formulaires vous seront familiers en quelques minutes. La version hébergée est gratuite jusqu'à 3 000 lignes par espace de travail, puis 10 $ par utilisateur et par mois en Premium pour 50 000 lignes et 18 $ en Advanced pour 250 000, en facturation annuelle. Les instances auto-hébergées n'ont pas de limite de lignes, et c'est la vraie raison de le choisir : le même outil, sur une machine que vous payez une fois.
- Choisissez-le si : vous aimez le modèle d'Airtable et voulez posséder le serveur ou réduire la facture.
- Limites : cela reste une base, toujours par utilisateur dans le cloud, et l'auto-hébergement est un travail pour un profil technique.
NocoDB : une interface tableur sur votre propre base
NocoDB prend le point de départ inverse. Au lieu d'une base qui exporte vers une base de données, c'est une grille posée sur une base PostgreSQL ou MySQL que vous avez déjà. L'édition open source est gratuite en auto-hébergement. Les offres cloud sont à 12 $ par éditeur et par mois en Plus et 24 $ en Business, les lecteurs sont toujours gratuits, et la facturation s'arrête à neuf éditeurs : chaque éditeur au-delà du neuvième ne coûte rien. Pour une équipe d'exploitation de cinquante personnes, cela change complètement le calcul.
- Choisissez-le si : le plafond d'enregistrements est votre problème et qu'un développeur peut le brancher sur une base.
- Limites : les règles de processus et la logique des rôles vivent toujours dans l'interface, comme dans Airtable.
SmartSuite : une base avec la gestion de projet autour
SmartSuite combine une base relationnelle à la Airtable avec les fonctions d'une plateforme de gestion du travail : tâches, plannings, tableaux de bord et étapes de validation entre équipes. Les offres vont de 12 $ par utilisateur et par mois en Team à 30 $ en Professional et 45 $ en Enterprise, avec des minimums de trois, cinq et dix sièges. C'est le choix quand la douleur est la coordination entre services plutôt que le modèle de données lui-même.
- Choisissez-le si : plusieurs équipes ont besoin de processus partagés, et que quelqu'un administrera la plateforme.
- Limites : tarification par utilisateur avec des minimums de sièges, et les données restent dans la plateforme.
Softr : des interfaces et des portails au-dessus de votre base
Softr ne remplace pas la couche de données d'Airtable. C'est une façade qui transforme une base, une feuille Google Sheets ou une base SQL en portail client ou en application interne avec connexion et vues par utilisateur. Depuis sa tarification d'août 2026, les offres sont à 25 $ par mois en Basic avec un concepteur, cinq utilisateurs internes et cinq utilisateurs clients, 119 $ en Pro et 395 $ en Business, avec des utilisateurs supplémentaires en option. Il règle le problème de présentation sans toucher aux plafonds de sièges et d'enregistrements en dessous.
- Choisissez-le si : vous gardez Airtable et avez besoin d'un portail pour vos clients ou partenaires par-dessus.
- Limites : deux factures, Airtable plus Softr, et les plafonds de la source demeurent.
Retool : des écrans low-code pour les équipes de développeurs
Retool est l'outil vers lequel les équipes techniques se tournent quand il leur faut un back-office sur une base qu'elles gèrent déjà. Il se connecte à presque tout, et le constructeur par glisser-déposer est rapide entre les mains d'un développeur. L'offre Team coûte 10 $ par concepteur et 5 $ par utilisateur interne et par mois, et les journaux d'audit avec permissions fines commencent en Business à 50 $ et 15 $. C'est la mauvaise réponse pour une équipe sans développeur, et la bonne pour une équipe qui en a trois.
- Choisissez-le si : des développeurs gèrent la base et veulent des écrans dessus en quelques jours.
- Limites : par concepteur et par utilisateur, et les applications ne quittent pas la plateforme.
Quelle alternative à Airtable pour quelle situation
Comment migrer depuis Airtable en quatre étapes
- 1. Exportez chaque table en CSV, avec la colonne d'identifiant. Les champs liés s'exportent sous forme de noms : gardez les identifiants pour reconstruire les relations sans ambiguïté.
- 2. Dessinez les tables avant d'importer. Une base de douze tables en devient souvent six : les champs à choix unique deviennent des colonnes de statut, les tables de référence deviennent des clés étrangères.
- 3. Importez, puis reconstruisez les liens par identifiant. Tous les outils ci-dessus importent du CSV. Testez avec une table et ses liens avant de déplacer le reste.
- 4. Faites tourner les deux pendant une semaine, Airtable en lecture seule. De vrais utilisateurs, de vraies données. Les règles que vous aviez oubliées apparaîtront dans les deux premiers jours.
- Trois plafonds poussent les équipes à quitter Airtable : des sièges facturés pour chaque éditeur, 50 000 à 125 000 enregistrements par base, et des règles qui vivent dans les vues plutôt que dans la base de données.
- Baserow et NocoDB règlent la facture et, sur votre propre base, le plafond d'enregistrements. SmartSuite ajoute la coordination. Softr et Retool ajoutent des écrans sur des données qui restent où elles sont.
- Seule une application règle le plafond des règles. Cadrant la génère sur votre propre PostgreSQL pour un forfait de 20 € par mois, avec des rôles appliqués dans la base.
- Exportez avec les identifiants, redessinez les tables, importez une table d'abord, faites tourner les deux pendant une semaine.